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Chapitre 1  Intervalles

Durant les trois premiers chapitres, nous allons poser quelques bases théoriques et faire travailler vos oreilles.

1.1  Un peu de théorie

1.1.1  Dénomination des intervalles

Un intervalle mesure la distance entre deux notes. Un intervalle est caractérisé par

On appellera intervalle simple un intervalle qui fait une octave ou moins. Dans un premier temps, on ne s’occupera que d’intervalles simples.

Le «nom» d’un intervalle dépend uniquement du nom de ses deux notes, sans tenir compte de leur altération : par exemple, les intervalles entre C et G, C# et G, C♭ et G, C et G#, etc…  sont tous des quintes.

«distance» dénominationexemple
0unissonC-C
1secondeD-E
2tierceA-C
3quarteF-B
4quinteB-F
5sixteE-C
6septièmeC-B
7octaveG-G aigu

La «qualité» d’un intervalle dépend elle du nombre de demi-tons 1.

Pour un nom d’intervalle donné dans la première de ces deux catégories, les intervalles diminués font 1/2 ton de moins que les intervalles justes, qui font eux-mêmes 1/2 ton de moins que les intervalles augmentés.

Pour ce qui est des intervalles de la seconde catégorie, on a, par ordre croissant de nombre de demi-tons : diminué, mineur, majeur, augmenté.

Unissons, quartes, quintes octaves :

diminué < juste < augmenté

Secondes, tierces, sixtes, septièmes :

diminué < mineur < majeur < augmenté

Tous les intervalles construits à partir d’une gamme majeure (si vous ne voyez pas ce qu’est une gamme majeure, ne vous en faites pas, nous allons voir ça dans les prochains chapîtres) en partant de la tonique (même remarque que précédemment ! ) de la gamme sont des intervalles majeurs ou justes. Par exemple, en C majeur :

entre C et Cunisson juste
entre C et Dseconde majeure
entre C et Etierce majeure
entre C et Fquarte juste
entre C et Gquinte juste
entre C et Asixte majeure
entre C et Bseptième majeure
entre C et C à l’octaveoctave juste


Le tableau ci-dessous récapitule les intervalles les plus utilisés.

intervallenombre de tonsexemple en partant de C
unisson0 tonC C
seconde mineure½ tonC D♭
seconde majeure1 tonC D
seconde augmentée1 ton ½C D#
tierce mineure1 ton ½C E♭
tierce majeure2 tonsC E
quarte juste2 tons ½C F
quarte augmentée3 tonsC F#
quinte diminuée3 tonsC G♭
quinte juste3 tons ½C G
quinte augmentée4 tonsC G#
sixte mineure4 tonsC A♭
sixte majeure4 tons ½C A
septième diminuée4 tons ½C B♭♭
septième mineure5 tonsC B♭
septième majeure5 tons ½C B
octave juste6 tonsC C

Les intervalles de quarte augmentée et de quinte diminuée sont souvent indistinctement appelés tritons (en effet, ces intervalles sont tout deux constitués de trois tons 2). Un triton partage une octave en deux parties égales.

On omet souvent la qualification juste pour parler des unissons, quartes, quintes et octaves.

1.1.2  Qualités sonores des intervalles

à l’oreille, on peut identifier les intervalles par plusieurs moyens:

Exercice 3 ()     Commencez à vous familiariser avec les intervalles en écoutant les intervalles suivants, dont la note inférieure est C.

Une seconde série, à la guitare, la note basse étant E.

Dans un premier temps, un bon moyen d’apprendre à repérer un intervalle est d’avoir des débuts de morceaux dont les deux premières notes forment l’intervalle en question. Par exemple Brazil pour une sixte majeur ascendante, la 5ème de Beethoven pour une tierce majeure descendante, etc…

Voici une petite liste de morceaux utilisables dans cette optique – trouvez les votres, vous les retiendrez plus facilement :


Il faut ensuite travailler son oreille pour entendre directement tout ça, se construire ces propres impressions à l’écoute de chaque intervalle, et ne plus avoir à passer par ces astuces. C’est plus ou moins difficile suivant les intervalles et suivant les gens…


Les fichiers suivants permettent de s’habituer à la reconnaissance d’intervalles décomposés:

ascendants

descendants

1.1.3  L’enharmonie

On peut se demander ce qui conduit à appeler deux choses qui semblent identiques par deux noms différents. Ainsi, pourquoi faire la distinction entre une quinte augmentée et une sixte mineure ? Cela revient à se demander pourquoi un G# et un A♭ sont différents. Sur beaucoup d’instruments, on ne distingue pas ces deux notes. On dit qu’elles sont enharmoniques. En revanche, elles sont différentes du point de vue de l’harmonie : supposons que l’on travaille sur la gamme mineure naturelle – que nous étudierons plus tard – C. Voici deux façons d’écrire cette gamme:

Entre ces deux façons de noter, on choisit la seconde, qui a le mérite de contenir une et une seule fois chaque nom de note, et d’éviter le mélange des dièses et des bémols. Le fait d’utiliser A♭ plutôt que G# précise de plus que cette gamme a été construite par inflexion de la sixte, et non pas par augmentation de la quinte.

En harmonie, on n’ecrira donc jamais par enharmonie, contrairement à ce qu’on peut voir sur des partition où des A♭♭ ou des B# peuvent parfois être notés G ou C pour des fausses raisons de facilité de lecture (qui risquent de rendre la vie plus difficile aux vrais lecteurs).

1.1.4  Intervalles complémentaires

On appelle intervalle complémentaire d’un intervalle l’intervalle manquant pour atteindre l’octave.

Par exemple si on considère l’intervalle de sixte mineure B-G, son intervalle complémentaire G-B est une tierce majeure.

Les intervalles complémentaires partagent des propriétés sonores. Il peut arriver de confondre un intervalle avec son complémentaire.

Les appellations «juste» , «augmenté» …  prennent ici leur sens : le complémentaire d’un intervalle juste est juste, le complémentaire d’un intervalle majeur est mineur, et vice-versa, le complémentaire d’un intervalle diminué est augmenté et vice-versa.


Écoutez quelques intervalles suivis de leur complémentaire :

1.1.5  Intervalles redoublés

On appelle intervalle redoublé (par opposition à intervalle simple) un intervalle supérieur à l’octave. On peut voir un intervalle redoublé comme un intervalle simple dont la note supérieure a été rehaussée d’une ou plusieurs octaves.

Ci-dessous, des intervalles suivis de leur redoublement.

Pour trouver la nature d’un intervalle redoublé, il suffit de se ramener à l’intervalle simple correspondant, et d’ajouter «sept» à son nom:

secondeneuvième
tiercedixième
quarteonzième
quintedouzième
sixtetreizième
septièmequatorzième
octavedouble octave

Les qualifications des intervalles sont conservées.

Un intervalle redoublé «sonne pareil» que l’intervalle simple associé, à ceci près que l’écart entre les deux notes parait plus grand.


Écoutez quelques intervalles suivis de leur intervalle redoublé :

1.2  À vous de jouer

1.2.1  Intériorisation des intervalles

1.2.2  Reconnaissance d’intervalles

1.2.3  Lecture d’intervalles

1.2.4  Construction d’intervalles

1.2.5  Déchiffrage chanté

Chantez les lignes suivantes. Des fichiers midi sont là pour vous aider et vous permettre de contrôler votre travail.

Pour aller plus loin une méthode de déchiffrage chanté/assimilation des intervalles qui me semble très bonne est celle de Marie-Claude Arbaretaz chez Chappell Editions : lire la musique par la connaissance des intervalles.

1.2.6  Travail sur l’instrument

Quelques pistes de travail (des trucs que j’ai utilisés, à vous d’en inventer d’autres… ). Dans la mesure du possible, travaillez toujours au métronome.


1
pour simplifier, le demi-ton est la distance minimale entre 2 notes. Par exemple, il y a 1/2 ton entre C et D♭, ou encore entre E et F
2
1 ton = 2 demitons !
3
voir l’annexe 1 pour un graphique du cycle des quintes

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